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Autobiographie d’Olive

By 2 septembre 2019FR
Huile d'olive

Le rameau qui me portera a été soigneusement sélectionné et préservé par la taille du mois de mars. Je parle au futur car je n’existe pas encore. Il fait encore un peu frais pour que je me matérialise et pourtant, tous les éléments nécessaires à ma constitution ont déjà été apporté dans le sol où plongent les racines de l’arbre qui me fera naître… Mais ne tirons pas de plans sur la comète, de nombreux dangers émailleront mon existence qui n’a pas encore commencé…

La jeunesse

Voici venu le temps des cerises ; le mois de mai est aussi celui de mes débuts. Je nais dans la blancheur virginale des fleurs dont les oliviers se couvrent à ce moment du printemps. Ma conception nécessite un peu de vent pour pouvoir se matérialiser. Le pollen est transporté par le mistral. Mais point trop n’en faut ! La pluie, en revanche est la pire ennemie des fleurs blanches de l’olivier et de la pollinisation qui s’y opère.

Je ne suis encore qu’un tout petit point vert. Certaines de mes collègues ne dépasseront pas ce stade et tomberont. Mais je m’accroche… Les nutriments apportés au mois de mars viendront peu à peu accompagner la croissance de mes tissus. Je m’épanouis au soleil de la fin du printemps et de l’été. Mais pour faire jouer cette magie qui constitue la vie végétale, il faut que la sève circule. Et la sève… c’est de l’eau. Bien que le tronc qui me porte résiste particulièrement bien à la sécheresse, il a néanmoins un besoin vital d’eau, ce qui fait parfois défaut sur les coteaux arides baignés de soleil provençal.

L’oléiculteur y pourvoit parfois, en raisonnant soigneusement l’irrigation et travaillant le sol pour que l’eau y pénètre jusqu’aux racines de l’arbre. Et imperceptiblement, bercé par le chant des cigales, le fruit grandit, s’épanouit, prend forme.

La force de l’âge

Le fruit que je suis n’est pourtant encore que la promesse de ce qu’il sera. Il a résisté au vent, à l’humidité, à la sécheresse. La chair qui me constitue ne contient pas encore l’or qu’on en attend. Mais il attire la convoitise de ma pire ennemie car les protéines qui constituent mes tissus sont une source de nourriture pour un petit insecte diptère que l’oléiculteur a tout simplement appelé la mouche de l’olive. Cette opportuniste inopportune pique ma peau et va pondre dans ma pulpe. Un vers me ronge alors de l’intérieur et m’affaiblit au point que je finisse par tomber, fauchée dans la fleur de l’âge.

La prospérité

Mais une fois encore, la probabilité m’a été favorable et je poursuis mon existence. L’automne est arrivé. Il est temps de me gorger de cette précieuse huile que la déesse de la sagesse, chez les Grecs, a voulu que je contienne. Cette montée d’huile s’accompagne des premiers frimas. Je change peu à peu de couleur. Il est possible que je reste accrochée à la branche qui m’a vu naître jusqu’à ce que me peu se fripe, que mes tissus se flétrissent. La pluie et le gel peuvent encore me nuire. Mais j’ai capitalisé les bienfaits de ce que la nature peut apporter de meilleur.

Une vie bien remplie… dans tous les sens du terme

On se rend compte de tous les dangers qui me guettent au cours de ma vie. L’obtention de la précieuse huile que je génère demeure liée à de nombreux aléas qui peuvent en modifier la qualité et la quantité, ce qui marquera un millésime. La dernière campagne s’est révélée très humide et douce. Le suspense demeurera jusqu’à la fin de l’olivade pour connaître les caractères de cette année.

Rendez-vous en octobre pour le début de l’olivade !

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