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L’huile d’olive : de la production mondiale à la consommation locale

By 27 mai 2019Non classifié(e)

Beaucoup de producteurs ont eu des interrogations quant au prix de vente et au prix de rachat de l’huile d’olive sur cette campagne, en prenant comme référence les cours de la campagne précédente. En effet, l’huile d’olive est un produit agricole dont les cours fluctuent en fonction de la production. Cela se complexifie en raison d’influences locales du marché dans le cadre d’un marché international.

Une production tout en nuances

Les disparités ne manquent pas en l’occurrence. Au niveau mondial, l’huile d’olive ne représente que 2% des huiles végétales. Le principal producteur demeure historiquement l’Union Européenne, mais on se doute que la production est centrée sur le Bassin Méditerranéen. Ainsi, l’Espagne domine largement la production, devant l’Italie et la Grèce. On retrouvera dans les gros producteurs la Tunisie, le Maroc et le Liban.

Mais la production a tendance à s’implanter bien au-delà des limites de Mare Nostrum puisque, les Etats Unis, l’Australie et la Chine commencent à représenter des acteurs loin d’être négligeables. On connaît même une production croissante au Japon !

Il faut dire que le régime méditerranéen, aussi appelé régime crétois, dispose d’arguments de choix en termes de santé pour être adopté parfois très loin des bassins historiques de production. Ainsi, les Etats Unis sont le deuxième consommateur mondial, derrière l’Union Européenne.

Une consommation tout en nuances également

On distinguera donc des situations très différentes entre les pays largement excédentaires, comme l’Espagne, qui sera un grand exportateur et des pays qui consomment plus qu’ils ne produisent et qui seront importateurs, comme les pays du Nord de l’Europe.

Cela cache encore une autre subtilité : celle du marché local, comme dans notre chère Provence, où la production locale, protégée par des labels de qualité, couvre en grande partie les besoins locaux. Les statistiques de production et de consommations ne s’avèrent donc pas suffisamment précises pour mettre en relief une autre réalité du marché de l’huile d’olive : la qualité.

Entre l’huile achetée en grande surface avec la mention « d’origine Union Européenne » souvent écrite en petit sur la contre étiquette et les huiles d’origine française identifiées AOP, AOC, huile d’olive de France, Produit de France, on retrouvera une grande disparité en termes de prix… qui s’avérera directement proportionnelle aux caractères hédoniques locaux du produit !

Au-delà du marché de masse, dominé par les grandes industries oléicoles au niveau européen, se sont développé des petits marchés, locaux ou régionaux, qui suivent des règles spécifiques liées notamment aux quantités de production.

Focus sur la Provence

Sur la campagne 2018/2019, la production provençale s’est révélée très importante. La baisse de la production espagnole, en revanche, n’a pas eu d’impact au niveau de notre marché local. Selon la loi de l’offre et de la demande, il en a résulté une baisse globale du prix. La plupart des moulins dans notre bassin de production ont même refusé de racheter l’huile aux apporteurs.

A Château Virant, nous avons la volonté de soutenir cette production traditionnelle, locale, fruit du travail d’apporteurs de tailles très diverses. Cela nous fait courir un risque quant à la commercialisation. Mais nous sur le long terme, nous continuons à croire à ce qui fait notre force : la qualité, le travail et le lien à notre région.